Une étude internationale majeure vient de révéler une signature génétique inédite associée au tabagisme au sein de plusieurs types de tumeurs. Le Pr Paul Hofman, directeur de l’IHU RespirERA, revient sur les enseignements de cette découverte et les perspectives qu’elle ouvre pour la recherche.
Une empreinte du tabac retrouvée dans l’ADN de plusieurs cancers
Des chercheurs ont réussi à identifier une signature mutationnelle précise, un ensemble caractéristique d’altérations de l’ADN, directement liée à l’exposition aux nitrosamines, des composés hautement cancérigènes présents dans la fumée de tabac.
La véritable surprise de ces travaux réside dans la cartographie de cette empreinte : elle n’a pas seulement été observée dans les poumons, mais dans plusieurs types de cancers touchant des organes très différents.
Le constat clé : Les nitrosamines semblent capables de provoquer des mutations génétiques majeures dans des tissus qui ne sont pas directement exposés à la fumée de cigarette, confirmant l’impact systémique et global du tabagisme sur l’organisme.
De nouvelles pistes de recherche pour la médecine de précision
Pour le Pr Paul Hofman, cette découverte permet de mieux comprendre la responsabilité directe de substances spécifiques du tabac dans la genèse de diverses tumeurs.
Le directeur de l’IHU RespirERA souligne que ces travaux renforcent nos connaissances moléculaires et pourraient contribuer au développement de nouveaux outils diagnostiques, capables d’identifier plus précisément l’origine environnementale de certaines mutations observées chez les patients. Selon lui, le rôle des nitrosamines dans certains cancers spécifiques, à l’image des lymphomes de bas grade, mérite désormais d’être étudié de près par la communauté scientifique.
Vers une meilleure prévention et prise en charge
L’identification de ces « cicatrices » laissées par les facteurs environnementaux sur le génome est un domaine majeur de l’oncologie moderne. En reconstituant l’histoire de la maladie, ces signatures mutationnelles apportent les connaissances nécessaires pour faire progresser la prise en charge :
- En prévention : en évaluant mieux la toxicité réelle des composants du tabac.
- En diagnostic : en repérant plus précisément l’origine des profils tumoraux.
- En traitement : en orientant à terme la médecine de précision selon le profil mutationnel exact de la tumeur.
En somme, cette étude illustre les progrès de la science face au tabac au niveau moléculaire. Elle confirme que l’impact du tabagisme est profondément inscrit dans notre patrimoine génétique tout en traçant la voie vers une prévention plus ciblée et des traitements toujours plus personnalisés.
➡️ Lien vers l’article complet paru dans Le Figaro le 17/07/2026