Les 6 et 7 août 2026, le Pr Paul Hofman participera au congrès international RISE for Healthy Aging, organisé à Bangalore, en Inde. Il y présentera plusieurs recherches de l’IHU RespirERA consacrées au vieillissement pulmonaire, au cancer du poumon chez les personnes âgées et aux mécanismes de sénescence cellulaire.
Un rendez-vous international consacré au vieillissement en bonne santé
Le congrès RISE for Healthy Aging se tiendra les 6 et 7 août 2026 au J. N. Tata Auditorium de l’Indian Institute of Science, à Bengaluru, également connue sous le nom de Bangalore. Cette deuxième édition réunira des chercheurs, des professionnels de santé, des représentants de l’industrie et des acteurs publics autour des enjeux scientifiques et médicaux du vieillissement en bonne santé.
Le programme abordera notamment les mécanismes biologiques du vieillissement, les moyens de mesurer l’âge biologique, le vieillissement des organes et les pistes d’intervention étudiées. Une session sera spécifiquement consacrée au vieillissement des poumons et d’autres organes. Le Pr Paul Hofman, directeur de l’IHU RespirERA et professeur de pathologie à Université Côte d’Azur, figure parmi les intervenants annoncés par les organisateurs du congrès.
Comprendre les effets du vieillissement sur les poumons
Son intervention, intitulée « Vieillissement et cancer du poumon : recherches actuelles et futures à l’IHU RespirERA », présentera les travaux menés à Nice pour mieux comprendre les transformations du tissu pulmonaire avec l’âge.
L’un des objectifs scientifiques de l’IHU RespirERA est d’étudier la sénescence cellulaire. Ce phénomène désigne l’état dans lequel des cellules cessent de se multiplier, sans pour autant disparaître. Leur accumulation peut modifier progressivement le fonctionnement des tissus et contribuer au développement de maladies liées à l’âge.
Les équipes de l’institut cherchent notamment à mieux comprendre les relations entre ces mécanismes, le vieillissement pulmonaire et l’exposome. Ce terme regroupe l’ensemble des expositions auxquelles une personne est confrontée au cours de sa vie, comme la pollution de l’air, le tabagisme, l’environnement professionnel ou certaines habitudes de vie.
RespirERA développe également des approches d’intelligence artificielle multimodale. Celles-ci visent à croiser plusieurs types de données, par exemple cliniques, biologiques, génomiques ou issues de l’imagerie, afin d’étudier de manière plus globale les mécanismes communs à différentes maladies respiratoires chroniques.
Plusieurs projets consacrés au cancer du poumon chez les personnes âgées
Le Pr Paul Hofman présentera plusieurs projets actuellement développés par l’institut. Le premier porte sur l’évaluation d’une signature de l’âge biologique chez des patients âgés atteints d’un cancer du poumon à un stade précoce. Contrairement à l’âge civil, l’âge biologique cherche à rendre compte de l’état fonctionnel de l’organisme.
Les chercheurs étudient si cette signature pourrait contribuer, à terme, à mieux apprécier la capacité de certains patients âgés à recevoir les traitements standards les plus intensifs. Ces travaux pourraient également aider à mieux prendre en compte cette population dans les essais cliniques. Il s’agit toutefois d’un objectif de recherche, et non d’un outil déjà disponible pour orienter les traitements.
Un deuxième projet compare les altérations génomiques observées dans les cancers du poumon chez des patients de plus de 75 ans avec celles identifiées chez des personnes plus jeunes. Cette analyse doit permettre de déterminer si certaines caractéristiques moléculaires sont davantage associées au grand âge.
Les équipes recherchent aussi des variations génétiques dans les gènes impliqués dans l’autophagie, le processus utilisé par les cellules pour éliminer et recycler certains de leurs composants. L’étude vise à déterminer si ces variations pourraient influencer la prédisposition au cancer du poumon dans un contexte d’exposition à la pollution atmosphérique.
Étudier les liens entre sénescence et réponse immunitaire
Une autre piste concerne le ganglioside GD3, une molécule présente à la surface de certaines cellules. Les chercheurs étudient l’hypothèse selon laquelle sa forme disialylée pourrait agir comme un point de contrôle immunitaire de la sénescence.
Elle pourrait ainsi aider certaines cellules pulmonaires sénescentes à échapper à la surveillance du système immunitaire et réduire la capacité de celui-ci à réagir. Ce mécanisme reste à explorer et devra être confirmé par de futurs travaux.
À Bangalore, cette présentation permettra de partager ces orientations avec une communauté scientifique internationale et d’identifier de possibles collaborations. Ces échanges contribueront à approfondir l’étude des liens entre vieillissement, environnement, immunité et cancer du poumon, plusieurs dimensions étroitement associées dans les programmes de recherche de l’IHU RespirERA.