Le Pr Paul Hofman, Directeur de l’IHU RespirERA, prendra part à l’European Lung Cancer Congress (ELCC) 2026, un congrès scientifique de référence consacré au cancer du poumon et aux autres cancers du thorax.
Organisé par l’ESMO (European Society for Medical Oncology), cet événement réunit des spécialistes du monde entier pour partager les dernières avancées en matière de recherche, de diagnostic, de traitements et de suivi des patients. Le congrès met notamment en avant la recherche translationnelle, une recherche qui fait le lien entre les découvertes scientifiques et leur application concrète pour mieux soigner les patients.
C’est dans ce cadre que sera présenté le projet ETOP Lungscope, auquel participe le Pr Paul Hofman.
Un projet européen pour mieux comprendre l’évolution du cancer
Le projet ETOP Lungscope (European Thoracic Oncology Platform Lungscope Project) est un programme de recherche européen centré sur le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC), qui est la forme la plus fréquente de cancer du poumon.
Son objectif est de comparer la tumeur primitive, c’est-à-dire la tumeur d’origine, et les métastases, autrement dit les cellules cancéreuses qui se sont propagées dans d’autres parties du corps.
Pour cela, le projet s’appuie sur une biobanque (réseau de collections d’échantillons biologiques conservés) décentralisée dans plusieurs centres partenaires en Europe. Il utilise également une base de données contenant des informations cliniques sur les patients, associées à des prélèvements provenant à la fois de la tumeur initiale et des métastases chez une même personne.
Cette approche permet d’étudier ce que les scientifiques appellent l’hétérogénéité spatiale : en d’autres termes, les différences qui peuvent exister entre la tumeur d’origine et les métastases. Mieux comprendre ces différences est essentiel pour développer des diagnostics plus précis et, à terme, des traitements mieux adaptés à chaque patient.
Une large collaboration à l’échelle européenne
Le projet ETOP Lungscope repose sur une importante coopération entre plusieurs pays européens. Au 14 octobre 2025, l’étude comptait 353 cas appariés, avec un objectif final de 600 cas.
Concrètement, cela signifie que les chercheurs disposent, pour plusieurs centaines de patients, d’échantillons provenant à la fois de la tumeur d’origine et de ses métastases. Cette comparaison est particulièrement précieuse pour mieux comprendre l’évolution du cancer.
Les patients inclus dans l’étude viennent notamment de Grande-Bretagne, de Suisse, des Pays-Bas, de France, mais aussi d’Allemagne, d’Autriche, d’Espagne et d’Irlande. Cette dimension multicentrique, c’est-à-dire impliquant plusieurs centres et plusieurs pays, renforce la qualité et la portée des résultats.
Des premières données importantes pour mieux orienter la prise en charge
Les premières analyses du projet distinguent deux situations :
- Les métastases synchrones, détectées dans les trois mois suivant le diagnostic de la tumeur d’origine
- Les métastases métachrones, détectées plus de trois mois après le diagnostic initial
Les résultats préliminaires montrent une différence de survie globale médiane, c’est-à-dire la durée de vie observée au milieu d’un groupe de patients, entre ces deux situations :
- 29,2 mois pour les patients avec métastases synchrones
- 45,4 mois pour les patients avec métastases métachrones
Les chercheurs ont également analysé les sites où les métastases apparaissent le plus souvent, notamment le système nerveux central, les ganglions lymphatiques thoraciques et les poumons.
Ces données aident à mieux comprendre la manière dont le cancer évolue et se propage. Elles peuvent aussi contribuer à faire progresser la médecine de précision, c’est-à-dire une médecine qui cherche à proposer le traitement le plus adapté au profil de chaque patient.
Des analyses de plus en plus fines sur les biomarqueurs
Le projet Lungscope ne s’arrête pas à l’observation clinique. Il prévoit aussi des analyses approfondies de plusieurs biomarqueurs (caractéristiques biologiques mesurables qui peuvent aider à mieux comprendre une maladie ou à orienter un traitement).
Parmi les marqueurs étudiés figurent notamment PD-L1, CD8, MTAP, CD73 et c-MET. Le projet prévoit aussi d’autres analyses sur l’ADN et l’ARN, les molécules qui portent les informations génétiques des cellules.
L’ambition est claire : mieux comprendre les différences entre tumeur initiale et métastases pour préparer les outils diagnostiques et les essais cliniques de demain.
Une ressource unique pour la recherche sur le cancer du poumon
Le projet ETOP Lungscope constitue aujourd’hui une ressource unique en Europe. Il est présenté comme la première base de données multicentrique regroupant des tumeurs primitives de CPNPC et leurs métastases correspondantes.
Sa présentation à l’ELCC 2026 illustre parfaitement les grands enjeux actuels de la recherche sur le cancer du poumon : mieux comprendre la maladie, identifier des biomarqueurs utiles, et développer des approches toujours plus personnalisées pour les patients.
En participant à la présentation du projet ETOP Lungscope à l’ELCC 2026, le Pr Paul Hofman met en lumière l’engagement de l’IHU RespirERA dans une recherche européenne ambitieuse, au service d’une meilleure compréhension du cancer du poumon et d’une prise en charge plus précise des patients.