Cancer du poumon : une piste pour renforcer l’effet des traitements ciblés

Des équipes de l’IHU RespirERA ont contribué à une étude publiée le 16 octobre 2026 dans Science Advances, qui révèle le rôle du recyclage des mitochondries dans le cancer du poumon. Dans des modèles expérimentaux, désactiver ce mécanisme renforce l’effet d’un traitement ciblant KRAS.

Un mécanisme d’entretien que les cellules cancéreuses peuvent exploiter

Pour fonctionner, les cellules s’appuient notamment sur leurs mitochondries (de petites structures qui produisent une grande partie de l’énergie dont elles ont besoin). Lorsque certaines mitochondries sont endommagées, elles peuvent être éliminées par un mécanisme appelé mitophagie (un processus de recyclage sélectif des mitochondries).

Ce système d’entretien contribue au bon fonctionnement des cellules. Mais il peut aussi aider des cellules cancéreuses à s’adapter aux contraintes qu’elles rencontrent.

Les chercheurs ont étudié une voie de mitophagie faisant intervenir PINK1, une protéine qui participe au repérage des mitochondries endommagées. Leur objectif : comprendre son rôle dans la formation des tumeurs pulmonaires et dans leur réponse aux traitements.

Un rôle dès les premières étapes de formation des tumeurs

Les analyses de tissus humains ont montré une activation accrue de cette voie dans des adénocarcinomes pulmonaires (une forme de cancer du poumon). Des expériences chez la souris ont ensuite permis d’observer que le recyclage des mitochondries augmente dès les premières étapes du développement tumoral.

Dans les modèles étudiés, désactiver génétiquement PINK1 limite la transformation des cellules en cellules cancéreuses et réduit le développement des lésions tumorales.

Son rôle évolue toutefois avec le stade de la maladie : une fois les cellules tumorales installées, la désactivation de PINK1 seule ne suffit plus à freiner la croissance des tumeurs dans les modèles testés.

Une meilleure réponse à un traitement ciblant KRAS

Les scientifiques ont également étudié des cancers associés à une anomalie de KRAS (un gène dont certaines modifications favorisent la multiplication des cellules). Des thérapies ciblées, conçues pour agir sur des anomalies précises des cellules cancéreuses, peuvent bloquer certaines formes de KRAS. Les tumeurs disposent cependant de mécanismes d’adaptation susceptibles de limiter leur efficacité.

Dans des cellules cultivées en laboratoire et chez la souris, les chercheurs ont observé que la désactivation de PINK1 renforce l’effet d’un traitement ciblant KRAS. Les cellules cancéreuses deviennent plus sensibles au traitement et la croissance tumorale est davantage réduite.

Ces résultats suggèrent que le recyclage des mitochondries participe à la survie des cellules tumorales face au traitement. Perturber ce mécanisme pourrait donc constituer une stratégie complémentaire à explorer.

Plusieurs équipes de l’IHU RespirERA réunies autour de ces travaux

Cette étude associe plusieurs équipes de l’IHU RespirERA. Coordonnée par Sandrine Marchetti et Jean-Ehrland Ricci, et signée en premier auteur par Diogo Gonçalves, elle mobilise les compétences complémentaires de chercheurs de l’institut. Parmi les coauteurs figurent notamment Guylène Rignol, Véronique Hofman, le Pr Paul Hofman, Marin Truchi, Bernard Mari, Laurent Yvan-Charvet et Johanna Chiche.

Ces travaux restent précliniques, c’est-à-dire menés en laboratoire et chez l’animal pour les expériences évaluant l’effet des interventions. Ils apportent une piste pour rechercher de nouvelles associations thérapeutiques, dont l’efficacité et la sécurité devront être évaluées chez l’humain.

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