À l’occasion d’un reportage diffusé par TVMonaco, la Dr Raphaëlle Varraso, épidémiologiste à l’IHU RespirERA, a partagé son expertise sur les effets des aliments ultra-transformés sur la santé respiratoire, révélant un lien encore peu connu mais majeur pour la prévention des maladies pulmonaires.
Un lien encore méconnu entre alimentation et santé des poumons
Dans ce reportage, la Dr Raphaëlle Varraso met en évidence un enjeu de santé publique souvent sous-estimé : l’impact de l’alimentation sur les maladies respiratoires.
Les résultats présentés montrent qu’une consommation excessive d’aliments ultra-transformés (produits industriels comme les sodas, plats préparés ou charcuteries) est associée à une augmentation d’environ 30 % du risque de développer une pathologie respiratoire.
Ces données viennent enrichir les connaissances actuelles en santé respiratoire, en élargissant les facteurs de risque au-delà du tabac ou de la pollution.
Une étude de grande ampleur sur plus de 30 ans
Les travaux de la Dr Varraso reposent sur une étude épidémiologique de grande envergure, menée auprès de 87 000 infirmières suivies pendant plus de 30 ans.
Cette recherche a permis d’analyser de manière fine l’impact de différents facteurs de mode de vie, notamment les habitudes alimentaires, le tabagisme et le sommeil.
Cette approche globale renforce la robustesse des résultats et permet de mieux comprendre les interactions entre alimentation et santé respiratoire.
La charcuterie, un facteur de risque majeur
Parmi les aliments ultra-transformés, la charcuterie apparaît comme un facteur particulièrement préoccupant.
Sa teneur en nitrites (additifs utilisés pour la conservation) favorise le stress nitrosant (déséquilibre chimique qui endommage les cellules), un mécanisme impliqué dans les atteintes pulmonaires, au même titre que le stress oxydant et l’inflammation.
Ces processus pourraient ainsi contribuer à altérer progressivement le fonctionnement des poumons.
Un impact significatif sur la BPCO
Les recherches présentées se concentrent notamment sur la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie respiratoire chronique qui constitue aujourd’hui la troisième cause de mortalité dans le monde.
Les résultats montrent que :
- la consommation de charcuterie augmente d’environ 40 % le risque de développer une BPCO chez les non-fumeurs,
- ce risque dépasse 45 % chez les fumeurs.
Ces données mettent en évidence des effets à la fois cumulatifs (avec le tabac) et indépendants, puisque l’impact de l’alimentation est également observé chez les personnes n’ayant jamais fumé.
L’alimentation, un levier clé pour la prévention
La Dr Raphaëlle Varraso souligne l’importance d’intégrer l’alimentation comme un levier essentiel de prévention en santé respiratoire.
Au-delà de la lutte contre le tabac et la pollution, le rééquilibrage alimentaire apparaît comme une piste concrète pour limiter l’inflammation et préserver la fonction pulmonaire.
Ces travaux ouvrent ainsi de nouvelles perspectives pour améliorer la prévention des maladies respiratoires à grande échelle.
Ce reportage met en lumière le rôle central de l’alimentation dans la santé respiratoire. Une prise de conscience essentielle pour mieux prévenir les maladies pulmonaires et agir durablement sur les facteurs de risque.
Retrouvez le reportage complet : TVMonaco | Santé : Les produits ultra transformés nocifs pour la respiration