Une étude internationale, à laquelle ont participé le Pr Paul Hofman, directeur de l’IHU RespirERA, et le Dr Véronique Hofman, pathologiste thoracique au sein de l’IHU, propose de reconnaître une catégorie de carcinoïdes pulmonaires de grade 3. Publiés le 25 septembre 2026 dans le Journal of Thoracic Oncology, ces travaux visent à mieux décrire certaines tumeurs rares.
Des tumeurs qui interrogent la classification
Les carcinoïdes pulmonaires appartiennent à la famille des tumeurs neuroendocrines (des tumeurs issues de cellules capables de produire des hormones en réponse à des signaux nerveux). La classification de l’Organisation mondiale de la santé distingue les carcinoïdes typiques, de grade 1, et atypiques, de grade 2.
Certaines formes rares conservent l’apparence d’un carcinoïde tout en présentant une multiplication cellulaire plus importante. Leur classement parmi les carcinomes neuroendocrines à grandes cellules (une autre catégorie de cancers pulmonaires) fait l’objet d’un débat scientifique.
Une étude menée dans six pays
Le comité de pathologie de l’IASLC, l’Association internationale pour l’étude du cancer du poumon, a rassemblé 28 cas provenant de neuf établissements dans six pays.
Les pathologistes thoraciques ont comparé l’apparence des tissus, des marqueurs biologiques et les données disponibles sur les patients. Les résultats mettent en évidence des caractéristiques proches de celles des carcinoïdes, malgré une activité de multiplication cellulaire élevée. Dans cette série, les données de suivi montrent également une évolution moins favorable que dans les groupes de carcinoïdes typiques et atypiques utilisés pour la comparaison.
Reconnaître une catégorie de grade 3
Les auteurs proposent de désigner ces formes comme des carcinoïdes pulmonaires de grade 3, afin de mieux faire correspondre leur diagnostic à leurs caractéristiques biologiques.
Le grade (une appréciation des caractéristiques des cellules tumorales et de leur agressivité) se distingue du stade, qui décrit l’étendue de la maladie dans l’organisme.
Cette proposition apporte des éléments au débat sur la classification de ces tumeurs rares. Elle constitue une nouvelle proposition morphologique de ces tumeurs très rares qui pourrait bientôt être suggérée dans la nouvelle classification histologique de l’OMS 2027.