Du 23 au 27 octobre 2026, l’IHU RespirERA était représenté par son directeur, le Pr Paul Hofman, au congrès de l’ESMO à Madrid. Parmi ses activités : la participation au meeting de l’ECGP et la présentation de travaux collaboratifs avec le groupe ETOP sur le cancer du poumon.
Le congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO) réunit les acteurs de la recherche et de la prise en charge du cancer. Pour RespirERA, cette édition a notamment permis de partager des travaux sur les biomarqueurs (des caractéristiques biologiques qui renseignent sur une maladie) et de participer aux échanges européens sur l’accès aux analyses génomiques.
Participer aux échanges sur l’accès au profilage génomique
Le Pr Paul Hofman a participé au meeting de l’European Coalition for Access to Comprehensive Genomic Profiling (ECGP), la coalition européenne pour l’accès au profilage génomique complet (une analyse qui recherche des anomalies dans de nombreux gènes de la tumeur).
Ces analyses peuvent aider à identifier des options de traitement adaptées aux caractéristiques du cancer, lorsqu’elles existent. Elles peuvent également orienter vers des essais cliniques (des études menées chez des patients pour évaluer de nouvelles approches médicales).
L’ECGP rassemble notamment des professionnels de santé, des représentants de patients et des industriels. Elle travaille à améliorer l’accès à ces tests et leur remboursement en Europe. Cette démarche rejoint les enjeux de la médecine de précision (une approche qui tient compte des caractéristiques biologiques de la maladie pour guider la prise en charge).
Avec ETOP, étudier un biomarqueur du cancer du poumon
Le congrès a également accueilli la présentation d’un travail collaboratif du projet ETOP Lungscope, dont le Pr Paul Hofman est coauteur. Ce projet s’appuie sur une biobanque (une collection d’échantillons biologiques associés à des informations médicales) consacrée aux cancers bronchiques non à petites cellules (un groupe de cancers du poumon).
L’étude présentée portait sur MTAP, une protéine impliquée dans le fonctionnement des cellules. Son absence dans certaines tumeurs est étudiée comme un biomarqueur potentiel pour identifier des patients susceptibles de participer à des essais cliniques de traitements ciblés.
Les chercheurs ont analysé des prélèvements de 333 patients issus de 12 centres dans 7 pays. Ils ont comparé la présence ou l’absence de MTAP dans la tumeur initiale et dans les métastases correspondantes (des foyers cancéreux issus de la tumeur initiale et développés ailleurs dans l’organisme).
Des résultats utiles pour sélectionner les patients dans les essais
Un déficit en MTAP a été observé dans environ 20 % des tumeurs initiales de la série étudiée. Le résultat était concordant entre la tumeur initiale et les métastases dans 96 % des 266 paires d’échantillons comparables, après exclusion des prélèvements non évaluables ou au résultat incertain.
Après prise en compte de l’âge et de certaines caractéristiques génétiques des tumeurs, ce déficit était également associé à une survie globale plus courte dans la population étudiée.
Ces résultats soutiennent l’intérêt d’utiliser des prélèvements déjà conservés pour rechercher MTAP et identifier des patients pour des essais cliniques fondés sur ce biomarqueur. Il s’agit d’une analyse rétrospective (fondée sur des échantillons et des données déjà recueillis), qui n’évalue pas l’efficacité d’un traitement.
La contribution du Pr Paul Hofman à ces travaux inscrit RespirERA dans une collaboration internationale visant à mieux caractériser les cancers du poumon et à préciser les critères de sélection des patients pour la recherche clinique.