Portrait du Pr Paul Hofman, directeur de l’IHU RespirERA et rédacteur invité d’un dossier sur la biopsie liquide dans le cancer du poumon

Le Pr Paul Hofman, rédacteur invité d’un numéro spécial sur la biopsie liquide

Le Pr Paul Hofman, directeur de l’IHU RespirERA, est le rédacteur invité d’un numéro spécial de la revue Cancer Drug Resistance. Consacré au suivi de la réponse aux traitements et des mécanismes de résistance par biopsie liquide dans le cancer du poumon, ce numéro accueillera des contributions scientifiques jusqu’au 30 juin 2027.

Mieux suivre l’évolution de la maladie au cours du traitement

Intitulé Liquid Biopsy in Lung Cancer: Monitoring Response and Resistance, ce numéro spécial s’intéresse aux applications de la biopsie liquide dans le cancer du poumon, en particulier dans le cancer bronchique non à petites cellules.

La biopsie liquide consiste à rechercher, dans un prélèvement biologique le plus souvent sanguin (telle qu’une simple prise de sang), des éléments issus de la tumeur. Elle permet notamment d’analyser l’ADN tumoral circulant, ou ctDNA, c’est-à-dire de petits fragments d’ADN libérés par les cellules tumorales dans le sang.

Cette approche joue déjà un rôle dans l’identification des caractéristiques moléculaires d’une tumeur. Les recherches actuelles étudient également son intérêt pour suivre la réponse au traitement dans le temps et observer l’évolution de la maladie sous la pression des thérapies.

Comprendre l’apparition des résistances

Au cours d’un traitement, certaines populations de cellules tumorales peuvent évoluer et acquérir des mécanismes de résistance. L’analyse répétée de l’ADN tumoral circulant peut contribuer à étudier ces changements, notamment l’apparition de nouvelles altérations moléculaires ou la variation de leur fréquence.

Le numéro abordera aussi la maladie résiduelle minimale, souvent désignée par le sigle MRD. Cette notion correspond à la persistance de traces tumorales après un traitement, à un niveau qui peut ne pas être détecté par les méthodes conventionnelles.

L’utilisation de ces analyses pour repérer une progression moléculaire précoce ou guider une adaptation thérapeutique fait encore l’objet de recherches. Leur intégration dans la pratique clinique reste hétérogène. La standardisation des tests, le choix du moment des prélèvements, l’interprétation de signaux très faibles et l’absence de seuils universellement reconnus pour modifier un traitement constituent notamment des difficultés importantes.

Des contributions attendues sur les méthodes et leur mise en pratique

Le numéro accueillera des travaux portant notamment sur le suivi de la réponse thérapeutique guidé par l’ADN tumoral circulant, les mécanismes de résistance révélés par biopsie liquide et la maladie résiduelle minimale dans les cancers thoraciques.

Les contributions pourront également concerner la résistance aux immunothérapies, les approches multi-omiques, les analyses de la fragmentation ou de la méthylation de l’ADN, ainsi que d’autres éléments circulants comme les cellules tumorales circulantes et les vésicules extracellulaires.

Une attention particulière sera portée aux conditions nécessaires pour intégrer ces outils dans la décision clinique, tout en tenant compte de leurs limites méthodologiques et de la complexité biologique des mécanismes de résistance.

Un appel à contributions ouvert jusqu’au 30 juin 2027

Le Pr Paul Hofman, directeur de l’IHU RespirERA, intervient comme Guest Editor de ce numéro spécial publié par la revue Cancer Drug Resistance.

Cette responsabilité éditoriale s’inscrit dans les travaux de l’institut sur le cancer du poumon, les biomarqueurs et l’évolution des maladies respiratoires. Elle contribue également à rapprocher les recherches méthodologiques des questions rencontrées dans le suivi des traitements.

Les chercheurs souhaitant proposer un article peuvent consulter les informations pratiques suivantes :