Le Pr Paul Hofman, directeur de l’IHU RespirERA, rejoint le Steering Group de l’European Coalition for Access to Comprehensive Genomic Profiling (ECGP). Cette coalition européenne réunit différentes expertises afin de favoriser un accès plus large et mieux structuré au profilage génomique utilisant de larges panels de gènes en oncologie.
Faire progresser l’accès au profilage génomique en Europe
Le Pr Paul Hofman, professeur de pathologie et Directeur de l’IHU RespirERA, intègre le Steering Group, ou comité d’orientation, de l’European Coalition for Access to Comprehensive Genomic Profiling (ECGP).
Créée sous l’égide d’EUCOPE, cette coalition rassemble des professionnels de santé, des chercheurs, des représentants de patients et des acteurs industriels. Elle cherche à mieux faire connaître l’intérêt du profilage génomique plus complet, à comparer les pratiques européennes et à formuler des recommandations fondées sur des données scientifiques et médico-économiques. Son objectif est notamment d’améliorer l’intégration de ces analyses dans les parcours de soins et de faire progresser les discussions sur leur financement et leur remboursement. Le Pr Paul Hofman figure officiellement parmi les experts du Steering Group de l’ECGP.
Qu’est-ce que le profilage génomique à large panel de gènes ?
Le profilage génomique à large panel de gènes, ou CGP pour Comprehensive Genomic Profiling, repose sur des technologies de séquençage à haut débit. Il permet de rechercher simultanément de nombreuses altérations génomiques et signatures moléculaires susceptibles de jouer un rôle dans le développement d’un cancer.
Ces informations peuvent aider les équipes médicales à mieux caractériser une tumeur et, dans certaines situations, à identifier une option thérapeutique adaptée ou un essai clinique pertinent. Leur utilité dépend toutefois du type de cancer, de la situation clinique, de la qualité de l’échantillon et de l’existence d’une stratégie correspondant aux altérations détectées.
Dans la vidéo réalisée par l’ECGP, le Pr Paul Hofman explique que le CGP peut être utilisé au moment du diagnostic comme lors de la progression tumorale. Les analyses peuvent être réalisées à partir d’une biopsie tissulaire, prélevée directement sur la tumeur, ou d’une biopsie liquide, qui recherche notamment des fragments d’ADN tumoral dans le sang.
Disposer de ce « portrait moléculaire » permet d’étudier les caractéristiques de la tumeur et leur évolution. Cette approche présente un intérêt particulier dans le cancer du poumon, domaine dans lequel les équipes de l’IHU RespirERA développent des travaux sur les biomarqueurs, le séquençage moléculaire et les biopsies liquides.
Garantir des analyses fiables et réutilisables
Le développement du CGP ne repose pas uniquement sur la technologie. Il implique également une organisation adaptée, des professionnels formés et des exigences élevées en matière de qualité.
Le Pr Paul Hofman souligne notamment l’intérêt d’évaluer une organisation décentralisée des analyses à l’échelle nationale. Il insiste sur la possibilité de conserver les données brutes au sein des établissements afin de pouvoir les réanalyser, ainsi que sur l’accréditation des laboratoires et leur participation à des contrôles externes de qualité.
Ces conditions sont essentielles pour produire des résultats fiables, comparables et exploitables dans la durée. Elles font partie des enjeux abordés par l’ECGP, aux côtés de l’accès aux tests, de leur évaluation et de leur intégration dans les systèmes de santé.
Comparer les pratiques et réunir les acteurs concernés
Pour le directeur de l’IHU RespirERA, la coalition constitue également un espace de dialogue entre les pays européens. Elle doit permettre de comparer les organisations, d’identifier les pratiques qui fonctionnent et de mieux comprendre les difficultés rencontrées dans chaque système de santé.
Dans la vidéo, il qualifie l’ECGP d’« initiative formidable » et insiste sur la nécessité de réunir autour d’une même table les professionnels de santé, les patients, les experts, les décideurs et les autorités compétentes.
Cette participation apporte aux travaux européens l’expérience développée à Nice dans le diagnostic moléculaire, le cancer du poumon et la biopsie liquide. Elle donne aussi à l’IHU RespirERA la possibilité de contribuer aux réflexions sur les conditions scientifiques, techniques et organisationnelles nécessaires à un accès plus équitable au profilage génomique de plus en plus complet. Cette implication ne modifie pas, à elle seule, les modalités actuelles d’accès au CGP, mais elle permet de porter ces enjeux dans un cadre collectif européen.